Le Check Raise

Le Check Raise - Strategie Poker

Définition et objectifs


Il existe deux techniques au poker qui permettent d’être bien payé : le « slow play » et le « check raise ». La première stratégie consiste à camoufler la force de sa main en checkant dans un premier temps, puis en suivant simplement les mises de ses adversaires. La seconde, celle qui nous intéresse aujourd’hui, consiste elle aussi, à piéger ses adversaires en jouant une grosse main de manière faible.

La technique est tout d’abord de dire parole, avec l’intention de relancer dans le même tour, après qu’un concurrent ait misé. Pour que cette stratégie fonctionne, vous devez avoir une excellente main et la garantie qu’un des joueurs de la table vous suive.



Le check raise a pour objectif uniquement de faire grossir le pot. Le simple fait de checker, laisse supposer à vos adversaires que vous avez une main faible, ce qui les encouragera à miser avec des mains moyennes. En les relançant tout de suite avec une grosse mise, vous les informez de la force de votre jeu, et du piège dans lequel ils sont tombés. Le résultat obtenu, est qu’ils se couchent, vous permettant ainsi de récolter leurs mises facilement.

Le check raise, un exemple concret


Imaginez que vous avez une main exceptionnelle comprenant deux as (pique et carreau), vous décidez alors de relancer à hauteur de trois fois la big blind. S’agissant d’une mise assez classique, un autre joueur part à vos côtés. Le flop révèle un 3 de pique, un 7 de cœur et un as de trèfle. Vous venez de toucher un tirage : un brelan d’As ! En faisant parole, vous ne donnez aucune information sur votre main et l’adversaire mise la moitié du pot. Vous pouvez le lire, avec le quatrième as, un brelan de cinq ou un de neuf. Dans tous les cas, vous êtes gagnant !!

A ce stade du jeu, vous avez deux solutions :
- Vous le relancez fortement pour qu’il découvre la force de votre jeu et se couche ;
- Vous le suivez pour découvrir le turn en sachant pertinent que vous resterez maître de la situation…

En découvrant la quatrième carte – un roi de pique – vous pouvez conserver votre avantage sur votre adversaire en relançant. Si vous avez de la chance, il a eu un tirage et mise ; il suffit alors de le relancer légèrement pour qu’il veuille suivre à nouveau, etc.

Même si vous êtes dans une position très confortable, veillez à faire attention au tirage couleur ! En lui permettant de voir la turn et la river, vous vous exposez aussi à ce cas de figure !

Le check raise, conditions de réussite


- La puissance de votre main. Condition sine qua non pour la réussite de la stratégie du check raise, votre jeu doit être bon pour accepter de donner une carte gratuite à votre adversaire, si ce dernier ne mise pas après votre check.

- La texture du tableau. Le flop donne des indications sur la texture du tirage : il faut se méfier des cartes assorties ou connectées qui peuvent offrir un tirage suite ou couleur. Il convient dans ces cas là, de gagner le coup dès le flop !

- Le profil de l’adversaire. La stratégie du check raise n’est utile que face à des joueurs « agressifs », des adversaires susceptibles de miser après votre parole. Dans le cas contraire, il est inutile de la tenter.

- Votre propre profil. Si vous apparaissez à la table comme un joueur agressif, la parole va devenir suspecte. Par contre, si vous êtes tight, cette stratégie sera payante.

- La taille adéquate de la relance. La hauteur de la mise révèle des informations à votre adversaire : une grosse mise signifie que vous l’avez piégé et que vous ne comptez pas lui laisser le pot.

Le check raise, le bon timing

 

Au flop


Le check raise est une manœuvre qu’il est idéale d’opérer au flop. En effet, après une première relance au pré-flop et un check à l’arrivée des trois cartes, les autres joueurs de la table vont penser que vous n’avez pas amélioré votre jeu. A ce moment, un adversaire peut s’aventurer dans la partie et espérer rafler le pot. Traditionnellement, la personne en position de big blind, qui a déjà misé la plus grosse somme, va être tentée, par sa position, de voler le pot (c’est-à-dire récupérer sa mise et la small blind). Vous aurez ainsi votre adversaire !

Au turn


Le check raise au turn impose d’avoir une main exceptionnelle (comme l’exemple ci-dessus). En effet, en offrant une carte supplémentaire à l’autre joueur, vous devez être assuré de conserver l’ascendant sur lui, en ayant une main plus haute. Le risque est ici que votre adversaire touche un tirage avec cette nouvelle carte.

A la river


Il est vivement déconseillé d’appliquer la stratégie du check raise au moment de la river. En effet, dans la majorité des cas, les joueurs encore en lice, vont se contenter de faire parole pour bénéficier de l’abattage gratuit des cartes. Si malgré tout, vous décidez de poursuivre car vous avez à priori la main la plus forte, il faut essayer de miser en premier.

Le check raise, les limites

 

La carte gratuite


Le check raise sous-entend de prendre le risque de donner une carte gratuite à votre adversaire. Associée à une grossière erreur au poker, l’application de cette stratégie la laisse pourtant exister.

Une technique risquée


Au moment de la relance, la mise doit être suffisamment forte – en général, trois fois la mise – pour signaler le piège à votre adversaire. Si ce dernier relance, il est préférable de se coucher pour ne pas perdre d’avantages…

Le check raise fonctionne trop bien


Comme il agit d’une technique qui fonctionne très bien, il est parfois recommandé de jouer le coup de manière classique lorsque l’on a une grosse main, pour brouiller les pistes, rendre difficile la lecture de votre jeu et montrer sa variété de style.
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